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Date : 18-04-2026 17:38:03
Poste 533 quand on comprend rien à la politique extérieure on reste couché. J espere qu il sera pire qu Orban et on est parti pou
rHongrie : « Ils se couvrent de ridicule ». L’aveuglement européen face à Magyar
🔴Mettre fin aux permis de travail pour les migrants non européens. S’attaquer aux médias publics. Confier l’Éducation à une figure catholique. À Budapest, les annonces de Péter Magyar lors de sa première conférence de presse ne laissent guère de place au doute. Fermeté migratoire, marqueurs conservateurs, reprise en main politique : une ligne qui, sur bien des points, s’inscrit dans le paysage hongrois des dernières années.
Et pourtant, à Bruxelles comme à Paris, c’est un tout autre récit qui s’était imposé. « Ce soir, le cœur de l’Europe bat plus fort en Hongrie », s’était enthousiasmée Ursula von der Leyen. Pour Nathalie Loiseau, la défaite de Viktor Orbán prouvait même qu’« il n’y a pas une vague irrépressible de l’extrême droite ». Jusqu’aux États-Unis, où Barack Obama saluait un tournant.
Dans ce concert d’enthousiasme, une voix tranchait déjà. Celle d'Éric Zemmour qui, sur X, déclarait, à propos de Péter Magyar : « Il n’est ni de gauche ni centriste. Tous ceux qui en France essaient de le récupérer se couvrent de ridicule. »
Certains invitaient déjà à regarder au-delà du récit.
♦️Battre Orbán, mais comprendre qui le remplace
Car l’enthousiasme européen semble d’abord répondre à une logique simple : Viktor Orbán a été battu. Le reste - le profil de son successeur, sa trajectoire, sa ligne - passe au second plan. Or, Péter Magyar n’est pas un opposant venu d’ailleurs. Il est issu du Fidesz, le parti d’Orbán. Il en connaît les rouages, les équilibres, les réflexes. Une configuration que Thibaud Gibelin, professeur au Mathias Corvinus Collegium (MCC) à Budapest et spécialiste de la Hongrie et de Viktor Orbán, résume à Boulevard Voltaire d’une formule : « Ce sont des frères fâchés. »
Les premières annonces viennent précisément rappeler cette réalité. En Hongrie, l’opinion est massivement opposée à l’immigration extra-européenne. Même la gauche locale s’y est adaptée. Impossible, dans ces conditions, de gouverner autrement. Ce que certains ont présenté comme une alternance apparaît donc, sur place, comme une recomposition interne. Thibaud Gibelin le souligne : « Un conservatisme en remplace un autre. »
Pour lui, le malentendu est profond : loin de marquer une rupture nette, les annonces faites dans la foulée de son élection semblent inscrire Péter Magyar dans le prolongement politique de Viktor Orbán.
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