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Date : 13-06-2026 12:53:28
Pourquoi Jordan Bardella ne sera pas président en 2027
Perpignan, première vraie entrée en scène dans un format présidentiel. Première mise en récit de lui-même comme figure destinée à l’Élysée. Cela compte. La première incarnation marque toujours.
Sur le fond ? Rien de surprenant.
Sécurité, nation, identité.
Un discours de droite, matiné d’extrême droite — ou l’inverse. Rien d’inattendu. Rien qui déborde.
Mais ce n’est pas là que ça se joue.
Si l’on remonte quelques années en arrière, souvenons-nous de Nicolas Sarkozy.
Il avait réussi à capter une partie décisive de l’électorat du Rassemblement national.
Il venait de la droite dite gaulliste et allait chercher sur l’extrême droite.
Bardella fait le mouvement inverse : il vient de l’extrême droite et tente de s’imposer sur le terrain de la droite classique.
Mais il manque quelque chose.
Sarkozy, qu’on l’apprécie ou non, avait un passé politique dense. Des campagnes municipales, des combats internes, des affrontements électoraux. Il savait tenir un pupitre. Il savait tenir une salle. Il savait tenir une voix. Il y avait de la chair, du nerf, une vibration.
Chez Bardella, tout est millimétré.
Calibré.
Cornacé par la communication.
Et pourtant…
Quand la caméra balaie la salle, on ne voit pas de fusion.
Pas d’empathie.
Pas d’élan partagé.
On voit deux blocs séparés : un orateur et un public.
Mais pas une communion.
C’est là que réside, selon moi, son plafond de verre.
On sent quelque chose de mécanique. De robotique.
Un discours appris.
Un ton maîtrisé.
Mais pas d’incarnation.
Et surtout — c’est un ressenti, mais il est fort — on ne sent pas d’amour.
Pas d’amour des gens.
Pas de chaleur.
Pas de cette énergie qui relie un leader à un peuple.
Or on ne se fait pas élire président de la République seulement sur un programme. On se fait élire sur une relation.
Les Français peuvent se tromper.
Mais ils ne votent pas durablement pour quelqu’un qui ne les aime pas.
Plus l’échéance approchera, plus cette absence de fusion deviendra visible.
Et le doute s’installera.
Malgré les selfies.
Malgré les mises en scène.
Malgré les “waouh” organisés.
On ne peut pas fabriquer l’incarnation.
On ne peut pas simuler la relation.
Et sans relation, il n’y a pas de présidence possible.
J’ai même un doute,je pense qu’il ne sera pas au second tour. ( tout simplement)

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