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Poète...vos PAPIERS !!!!
Auteur : Alafut  
129/134

Date :    31-03-2018 22:58:21


Paroles de Baudelaire (Le Serpent Qui Danse)



Que j'aime voir chère indolente,

De ton corps si beau,

Comme une étoffe vacillante,

Miroiter la peau !



Sur ta chevelure profonde

Aux âcres parfums,

Mer odorante et vagabonde

Aux flots bleus et bruns,



Comme un navire qui s'éveille

Au vent du matin,

Mon âme rêveuse appareille

Pour un ciel lointain



Tes yeux où rien ne se révèle

De doux ni d'amer,

Sont deux bijoux froids où se mêlent

L'or avec le fer



À te voir marcher en cadence

Belle d'abandon

On dirait un serpent qui danse

Au bout d'un bâton

Auteur : Nad83  
130/134

Date :    03-04-2018 18:46:16


L’Ame

Comme un exilé du vieux thème,

J'ai descendu ton escalier ;

Mais ce qu'a lié l'Amour même,

Le temps ne peut le délier.



Chaque soir quand ton corps se couche

Dans ton lit qui n'est plus à moi,

Tes lèvres sont loin de ma bouche ;

Cependant, je dors près de Toi.



Quand je sors de la vie humaine,

J'ai l'air d'être en réalité

Un monsieur seul qui se promène ;

Pourtant je marche à ton côté.



Ma vie à la tienne est tressée

Comme on tresse des fils soyeux,

Et je pense avec ta pensée,

Et je regarde avec tes yeux.



Quand je dis ou fais quelque chose,

Je te consulte, tout le temps ;

Car je sais, du moins, je suppose,

Que tu me vois, que tu m'entends.



Moi-même je vois tes yeux vastes,

J'entends ta lèvre au rire fin.

Et c'est parfois dans mes nuits chastes

Des conversations sans fin.



C'est une illusion sans doute,

Tout cela n'a jamais été ;

C'est cependant, Mignonne, écoute,

C'est cependant la vérité.



Du temps où nous étions ensemble,

N'ayant rien à nous refuser,

Docile à mon désir qui tremble,

Ne m'as-tu pas, dans un baiser,



Ne m'as-tu pas donné ton âme ?

Or le baiser s'est envolé,

Mais l'âme est toujours là, Madame ;

Soyez certaine que je l'ai.



Germain Nouveau

Auteur : Zephyr-  
131/134

Date :    12-04-2018 08:43:13


Comment faire écho à ce texte magnifique autrement qu'en en amenant un tout aussi soigneusement choisi dans mes archives...





Le mot et la chose



Madame, quel est votre mot

Et sur le mot et sur la chose ?

On vous a dit souvent le mot,

On vous a souvent fait la chose.

Ainsi, de la chose et du mot

Pouvez-vous dire quelque chose.

Et je gagerai que le mot

Vous plaît beaucoup moins que la chose !

Pour moi, voici quel est mon mot

Et sur le mot et sur la chose.

J'avouerai que j'aime le mot,

J'avouerai que j'aime la chose.

Mais, c'est la chose avec le mot

Et c'est le mot avec la chose ;

Autrement, la chose et le mot

À mes yeux seraient peu de chose.

Je crois même, en faveur du mot,

Pouvoir ajouter quelque chose,

Une chose qui donne au mot

Tout l'avantage sur la chose :

C'est qu'on peut dire encore le mot

Alors qu'on ne peut plus la chose...

Et, si peu que vaille le mot,

Enfin, c'est toujours quelque chose !

De là, je conclus que le mot

Doit être mis avant la chose,

Que l'on doit n'ajouter au mot

Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que, pour le temps où le mot

Viendra seul, hélas, sans la chose,

Il faut se réserver le mot

Pour se consoler de la chose !

Pour vous, je crois qu'avec le mot

Vous voyez toujours autre chose :

Vous dites si gaiement le mot,

Vous méritez si bien la chose,

Que, pour vous, la chose et le mot

Doivent être la même chose...

Et, vous n'avez pas dit le mot,

Qu'on est déjà prêt à la chose.

Mais, quand je vous dis que le mot

Vaut pour moi bien plus que la chose

Vous devez me croire, à ce mot,

Bien peu connaisseur en la chose !

Eh bien, voici mon dernier mot

Et sur le mot et sur la chose :

Madame, passez-moi le mot...

Et je vous passerai la chose !



(Abbé Gabriel-Charles de Lattaignant - XVI/XVIIème siècle)
Auteur : Dipavali  
132/134

Date :    14-04-2018 18:38:43


Auteur : Nad83  
133/134

Date :    15-04-2018 18:37:04


Bonjour



Comme un diable au fond de sa boîte

Le bourgeon s'est tenu caché...

Mais dans sa prison trop étroite

Il baîlle et voudrait respirer

Il entend des chants, des bruit d'ailes

Il a soif de grand jour d'air,

Il voudrait savoir les nouvelles,

Il fait craquer son corset vert,

Puis d' un geste brusque il déchire

Son habit étroit et trop court

"Enfin, se dit-il, je respire,

Je vis, je suis libre. Bonjour!"



Paul Géraldy



Auteur : Rebellyell  
134/134

Date :    15-04-2018 23:49:15


Beau papillon près du sol



Beau papillon près du sol, 

à l'attentive nature 

montrant les enluminures 

de son livre de vol.



Un autre se ferme au bord 

de la fleur qu'on respire - :

ce n'est pas le moment de lire. 

Et tant d'autres encor,



de menus bleus, s'éparpillent, 

flottants et voletants, 

comme de bleues brindilles

d'une lettre d'amour au vent,



d'une lettre déchirée 

qu'on était en train de faire 

pendant que la destinataire 

hésitait à l'entrée.

Rainer Maria RILKE

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